C’est avec un grand plaisir que Franck Sénéchal rejoint le réseau des correspondants France Raceboard Association (FRA) sur toute la Bretagne. Passionné et motivé, il tombe à point nommé en ce début d’année 2022 où l’association de classe se restructure pour élargir la pratique de la Raceboard sur des formats tous publics, sur des événements simples et faciles comme le raid et cherche à sensibiliser les clubs à cette pratique qui se veut transgénérationnelle et tous niveaux.

Franck Sénéchal

Franck, peux-tu présenter ?

Je suis de la presqu’île de Crozon ; c’est donc comme une évidence que j’ai pratiqué la voile, sur tous les supports, au Centre Nautique de Crozon Morgat.

D’abord comme moniteur en voile légère, pav, dériveur et catamaran, puis comme entraîneur en Tiga Aloha.
Les dériveurs et catamaran étaient mes points forts. La raceboard, MOD, a été mon deuxième support pour le brevet d’État ; j’ai peu à peu appris à mieux maîtriser et connaître ce support.

Un accident hospitalier m’a éloigné pendant 15 ans de mon métier et par conséquent, aussi de ma pratique sportive. C’est en 2017 que je me suis remis sérieusement à la PAV, en particulier à la D2. La planche vintage et la Windsurfer sont arrivées par la suite, notamment avec le premier National à Douarnenez en 2019 dont j’étais le référent auprès de la SRD, club organisateur.

La planche à voile aura été mon ordonnance pour revenir en forme physique, et l’est toujours, contre les avis médicaux.  C’est un sport complémentaire pour de la rééducation,  de la proprioreception etc….la pav est loin d’être un sport traumatisant,  faut juste avoir les bons enseignants. 

Tu deviens correspondant référent sur la Bretagne, quel est ton constat sur la pratique planche à dérive dans cette grande région de la voile ces deux dernières années avec l’émergence fulgurante du foil et du wing ?

Depuis 2020, je suis de retour en Finistère, et de retour à la compétition départementale en Windsurfer, pour essayer de motiver les pratiquants séniors à intégrer le circuit départemental. Sans succès jusqu’à présent car je suis le seul en régate. Par contre, cela questionne les jeunes, qui apprécient ma présence : je suis devant au près généralement … mais après, faut “travailler” pour rester devant les meilleurs en Bic 293 !

J’espère motiver des parents, anciens compétiteurs, pour le plaisir d’être sur l’eau, au moins au niveau du département. Et ensuite peut être voir sur les autres départements de Bretagne.

Depuis, je suis également rentré au comité départemental voile du Finistère et j’ai repris une activité professionnelle au SNRK, le Sport Nautik Relecq Kerhuon .

La planche à dérive garde-t-elle une légitimité, un intérêt, dans ce nouveau paysage du windsurf ?

Il est clair que la race board disparaît du paysage en Bretagne, en France (et à l’étranger ?), et pourtant quelques regroupements entre copains ont lieu sur Lorient en open, étang du Boulet, en vintage, et en Windsurfer depuis la nouvelle génération. Mais il faut avouer que la moyenne d’âge des pratiquants est plutôt autour de 45 ans.

 Le coût est malheureusement un frein, même la Windsurfer LT à  2200 euros complète n’est pas à la portée de tous.
L’arrivée du windfoil, wingfoil ont évidement ouvert d’autres horizons aux pratiquants,  et il est logique que beaucoup de riders s’y soient essayé et y restent fidèles.

En effet peu de jeunes issus des écoles de sport adhèrent au longboard; ils préfèrent se tourner vers des pratiques plus fun.

Mais aussi les formats de parcours qui sont toujours identiques, enfin à mon sens car j’avais proposé des formats différents quand j’étais comité de course au CNCM. 

Aujourd’hui je refais une formation en jury régionale, en complément de mon souhait d’avoir des juges sur les régates aussi

Que manque-t-il pour engager un nouvel élan ? au niveau politique ? au niveau des clubs ? Les formats sur l’eau pour rassembler largement les pratiquants Raceboard étaient jusque-là des formats de régate pure, comment rassembler à nouveau et plus largement sur de nouveaux formats, pas encore conventionnels ?

Pour moi qui suis éducateur, il est évident que la planche à dérive reste indispensable pour l’apprentissage. La question est : comment garder des jeunes riders sur un support tel que la race ?

Je pense le format de raids est à travailler, avec un point de départ différent de celui de l’arrivée, avec des marques naturelles ou non. Cela demande un peu plus d’organisation mais le schéma devrait plaire à beaucoup de planchistes.

Autre chose à rajouter ?

Pour finir, je ne connais pas de solutions miracles, mais réunir les différentes formules de race est la solution, évidement avec des départs différés pour la Windsurfer lt. Quand par exemple le grand prix de l’école navale accueille les Wlt, ce serait appréciable d’avoir un rond en raceboard / D2.

Je pense que suivre le calendrier départementale et régionale peut réunir à nouveau une équipe. 

Le format de rassemblements sur le week-end est important car le déplacement (en temps et en coût) peut aussi être un frein, je l’ai constaté il y a longtemps. Ces moments passés ensemble ne sont pas forcément officiels mais créent du lien et renforcent le sentiment d’appartenance. 

Je ne rentre pas trop dans les détails, voir pour la suite.

Amicalement 

Franck Senechal Công-thé