Interview de Guillaume Gaudard après championnat de France. C’est avec un grand plaisir que Guillaume commence une série d’interviews FRA, un modèle de sportivité, loyauté et de passion pour le windsurf. Licencié au Touraine Surf Voile, il en est l’élément moteur depuis plusieurs années. Il termine ce championnat de France avec l’argent et un premier podium qui ne sera probablement pas le dernier.

Guillaume, quels sentiments personnels as-tu eu en revenant au championnat de France, deux ans après le dernier ?

Trop content de m’apercevoir que les efforts réalisés ces 2 dernières années ont été concrétisés et récompensés. J’ai le sentiment d’avoir performé sur un championnat représentatif en termes de conditions de navigation (10 manches en 3 jours avec une météo bien variée) et d’avoir vécu une superbe aventure de sport et d’amitié.

Comment as-tu senti l’ambiance et la motivation générale ?

Une ambiance très conviviale et on sentait tout le monde impatient de se retrouver sur un événement national. Un esprit Windsurf et Raceboard tel que je le conçois et l’apprécie.

Côté course, quel était ton objectif en venant à Lacanau, quelle préparation avais-tu fais ?

Je n’avais jamais envisagé d’être sur le podium. Je souhaitais faire un bon résultat ; la planche est avant tout une passion. Bien que ce championnat soit une source de motivation dans un coin de ma tête, je ne me suis pas préparé spécifiquement pour ce rendez-vous, mais depuis le 1er stage FRA à Carcans en 2019 où Viviane m’avait surnommé « Brutus », j’ai pris du recul et vu les choses différemment. C’est principalement ma participation aux 3 stages FRA à Carcans qui m’a permis d’élever mon niveau. J’ai aussi modifié mon alimentation quotidienne (et oui c’est possible en étant en déplacement et au resto midi et soir), allongé et augmenté la fréquence de running et fais des exercices de renforcements musculaire. Habituellement je suis tous les samedis dans le bateau de sécurité pour donner des cours au Touraine Surf Voile, mais notre plan d’eau de Tours étant impraticable une bonne partie de l’année, je me suis retrouvé à faire l’école de voile en planche sur d’autres plans d’eau. J’étais donc sur l’eau une à deux fois par semaine et en fonction des conditions météo en Phantom 377L, Phantom 299 ou Lechner ce qui me permettait d’utiliser mes gréements Raceboard dans tous les cas. J’ai aussi continué à participer aux régates environnantes quel que soit le niveau. Pour être « frais » sur ce championnat, je suis arrivé sur site 2 jours avant.

Comment s’est passé ton championnat, le bon et le moins bon, l’adversité, la météo, le plan d’eau ?

J’ai vécu un moment inédit dans ma vie de sportif. La logistique mis en place en amont du championnat (location d’une maison proche du club et bateau accompagnateur pour le championnat) a été un plus pour être immergé 100% dans la compétition. Je suis rentré timidement dans la régate le 1er jour ; d’ailleurs mes 2 discards sont les manches 1 et 2. Je suis satisfait par ma régularité et ma combativité dans les différentes conditions météo. Je me souviendrais de la manche n°5 où je termine 2ème au planning juste derrière Fred avec une telle joie qu’on pouvait se demander qui de nous deux avait réellement gagné la course, de la manche n°6 où je passe 9ème à la bouée de près et termine 3ème, sans oublier ce grain à plus de 40 nœuds dans la dernière manche qui a une influence sur le résultat général. Plusieurs manches ont été très disputées et on passait la ligne à fond avec quelques secondes d’écart. En fonction des conditions météo, je ne me retrouvé pas avec les mêmes adversaires ; j’ai donc eu l’occasion de me battre aléatoirement avec les 6 premiers du classement général. Cette compétition a donné une bonne image de la Raceboard. Au fur et à mesure du championnat j’ai eu l’impression d’être adopté par les organisateurs qui partageaient la joie d’un gars qui s’entraîne dans le milieu de la France sur un plan d’eau aussi large que la ligne de départ de Lacanau. Pour que la satisfaction soit complète, j’aurai aimé gagner au moins une manche pour savoir ce que ça fait et partagé ce moment avec d’autres coureurs du club (ce qui est rassurant c’est que certains d’entre eux ont plus les boules que moi de ne pas être venus).  En ce qui concerne les conditions météo, je suis le premier à dire qu’en Raceboard il faut être bon dans tous les temps ; ce championnat l’a démontré. Le plan d’eau de Lacanau s’est avéré parfois très tactique en fonction des orientations du vent, donc idéal pour notre pratique.

Tu étais premier au classement avant que Fred Becquart ne soit reclassé devant toi suite à un DNS pour aileron arraché dans la zone de course. Tu lui as permis de reprendre les manches d’après en lui donnant un aileron de secours et de finalement gagner le championnat. As-tu hésité ?

Je n’ai ni hésité et encore moins regretté. A ce moment-là nous étions 5 coureurs pour 3 médailles. Quand j’en parle, je m’aperçois que tout le monde n’aurai pas réagi comme moi. Dès que j’ai vu Fred en difficulté je suis allé prévenir mon assistance pour qu’elle récupère un aileron à terre et aide Fred à la remplacer. J’ai l’argent autour du cou, mais pour les gens qui me côtoient régulièrement et qui connaissent l’histoire et mon état d’esprit, ils voient de l’or. Quand tu es éducateur sportif dans un club et que tu souhaites donner une bonne éducation à tes enfants, je ne conçois pas de réagir différemment. Je pense être quelqu’un de juste et entier.

Guillaume, en dehors du championnat, tu es moteur dans le développement de la Raceboard depuis plusieurs années au Touraine Surf Voile. Tu entretiens avec succès cette dynamique. Tout d’abord félicitations pour toute ton implication et les résultats que tu as généré avec un vrai groupe assidu. Quelles sont les clés pour que “la mayonnaise” prenne ?  Quels conseils donnerais-tu aux autres clubs ?

Quand on regarde les différents supports Windsurf proposés, seule la Raceboard (Bic 293 inclus) est compatible avec nos plans d’eau. Il y a aussi une belle dynamique à Gérardmer, car ils sont dans le même cas. Etant donné le stock de matériel Raceboard qui dort dans des garages ou hangars, il serait intéressant que les clubs dans une situation similaire proposent notre support.

Quelles sont les clés, selon toi, afin d’attirer davantage de jeunes sur le support Raceboard ?

Question compliquée, car on n’y arrive pas au Touraine Surf Voile ; le fait de ne pas avoir de plan d’eau praticable à la belle saison et de proposer uniquement le samedi après-midi est certainement une des explications. Si la question avait été comment attirer les féminines, j’avais la réponse et les chiffres à l’appui ! Pour attirer la jeunesse, il faut montrer que la planche à dérive appartient bien à la famille des supports à carène planante et que la Raceboard est très polyvalente. La performance de Jeanne en 8.5 prouve que l’ensemble des genres et des gabarits peuvent régater sur la même flotte.

Quels sont tes projets pour 2022 ?

Après ce championnat, je pense que même sans performer, je pourrai prendre du plaisir tout en acquérant une expérience supplémentaire sur un évènement international. J’attends le calendrier 2022 pour me décider.

Tu veux ajouter quelque chose ?

Je remercie ma famille qui m’a toujours soutenu et encouragé dans ma passion, mon club et des membres du TSV qui se reconnaitront de m’avoir accompagnés dans cette aventure et motivés tout au long du championnat, le comité départemental de voile 37 pour la mise à disposition du bateau accompagnateur, les clubs de voile de Joué-lès-Tours et Marçon de m’avoir accueilli pour m’entrainer, Amandine pour son dévouement et son coaching à Lacanau, la FRA pour, entre autres, l’organisation des stages à Carcans qui m’ont permis d’élever mon niveau à travers les échanges avec les différents participants et les interventions de Nicolas Huguet (2019), Dante Chiapello (2020) et Hervé Reine-Adelaide (2021), Jeanne et son mari Stéphane pour leurs conseils sans lesquels je ne serais pas rester lucide jusqu’à la fin du championnat.  Les différents échanges et messages reçus pendant et après le championnat continuent à me faire briller les yeux…