Interview de Frédéric Boujean, Médaille de bronze au championnat de France Raceboard 2017 et parent d’un jeune coureur Raceboard.

Quand un père (Frédéric Boujean- 6958) joue le podium des championnats de France en même temps que son fils (1414). Crédit photo: Pierre Jezequel

Frédéric (S.R. Rochelaises), 3ème au France. Bravo mais au-delà de cette superbe performance, ce qui interpelle, c’est que tu es autant un coureur … qu’un parent de coureur sur le même championnat. Peux-tu nous décrire comment s’est fait le choix d’une pratique windsurf familiale sur un même support régate? 

 J’ai repris la planche il y a 4 ans lorsque mes enfants, Hugo et Manon ont décidé de faire de la Bic 293 en compétition. Le fait de les accompagner sur les régates m’a donné envie de refaire de la planche plutôt que de rester à terre à les regarder. J’ai recommencé sur une planche Open Jaguar à faire les régates de ligue. Il y a 2 ans je suis passé de l’Open à la Raceboard.

L’année dernière ne souhaitant pas passer en RS:X Hugo a failli arrêter les régates. J’ai eu beaucoup de mal à le motiver pour me rejoindre en raceboard. Il trouvait ce support ringard et après des essais sur une vielle Fanatic Megacat, il a ainsi commencé les régates. Etant peu motivé par ce support, nous lui avons acheté une Phantom 377. Maintenant il s’éclate et nous naviguons tout le temps ensemble.

La Raceboard est un support performant qui procure à toutes les allures beaucoup de plaisir en compétition et en balade « en famille ».

Depuis nous partageons beaucoup de bons moments ensemble. Je profite pleinement de mes enfants et nous sommes très complices. Je dois remercier, ma femme, Gwen de nous accompagner dans tous nos déplacements et de gérer l’intendance.

Cela vous a-t-il motivé à préparer Brest spécifiquement? C’était prévu?

 L’année dernière, sous l’impulsion de Jean-Baptiste François, nous avons créé un groupe raceboard de 6 coureurs à la Rochelle. Le fait de nous entrainer régulièrement ensemble nous a fait progresser avec comme objectif: le championnat de France 2017.

Le fait d’avoir comme principal concurrent mon fils est une source de motivation et de plaisir.

Lorsque Manon arrêtera la Bic, elle viendra nous rejoindre sur ce support.

Hugo est « à fond » sur la raceboard et a énormément progressé cette année, c’est net. C’est le résultat d’un coaching parfait de son papa ou un effet de groupe puisque vous semblez être un solide groupe de raceboarders sur La Rochelle?

 Hugo est en progression grâce à notre groupe  Raceboard et a pour motivation de battre son père. Il est vrai que les repas en famille sont très souvent portés sur le thème de la planche à voile.

Jean-Baptiste François est une locomotive pour le groupe et notamment pour Hugo. Le fait de s’entrainer en groupe permet à Hugo de rester motivé car en jeune il se sent seul et n’a pas d’objectif par rapport à sa catégorie d’âge. Je fais en sorte de ne pas trop pousser Hugo. La dynamique familiale et la présence de notre groupe est suffisant pour lui donner de la motivation.

 Au travers de l’expérience d’Hugo en Raceboard et la tienne en tant que parent, souhaites tu exprimer un retour d’expériences, des conseils, des suggestions à ceux qui voudraient suivre le même chemin en famille.

  Je profite pleinement de mes enfants grâce à la planche à voile, je suis plus heureux avec eux sur l’eau qu’à terre à les attendre. J’incite les parents, qui ont des enfants qui naviguent, ayant déjà fait de la planche à voile à en faire de même. Les coureurs sont très cool avec un bon esprit. Partager un loisir avec des concurrents de tous âges est assez rare dans un sport .Je suis heureux de pouvoir à 51 ans me frotter à des jeunes issus de la filière RS:X . Voir cette année au France.

Côté course, ta vision sur ce qui s’est passé à Brest, à terre comme sur l’eau. Quels sont tes ressentis sur les courses et leur déroulement, les discussions à terre.

 Je suis ravi d’avoir participé à ce championnat malgré le manque de vent le vendredi et le samedi. L’organisation à terre comme sur l’eau était d’un bon niveau. Le plan d’eau de Brest est technique ce qui a donné lieu à des manches très disputées malgré la domination de JB François. Nous avons eu avec les raceboarders des discussions intéressantes sur notre support. J’ai aussi apprécié mes échanges avec Patrice Belbeoc’h concernant les modifications que j’ai apporté à mon Exocet.

Je tiens à te féliciter ainsi que Thierry Seeboldt (secrétaire F.R.A.) pour votre implication pour promouvoir la Raceboard. Nous sommes à la Rochelle très motivés pour vous accompagner et à développer ce support pour amener les jeunes à le pratiquer plutôt que d’arrêter la planche

 Tes projets en 2018?

 Me préparer pour la saison prochaine et le futur championnat de France. Notre groupe réfléchit à fabriquer en petite série une planche performante creuse pouvant être utilisée par les clubs pour encourager les jeunes (et les moins jeunes bien sûr) à nous rejoindre. Peut-être le proto que nous allons développer, au France 2018 aux mains de J-B François.

 Quelque chose à ajouter?

 Il faut que les clubs et les entraineurs donnent envie à leurs coureurs de pratiquer la Raceboard après la Bic ou la RS:X . Il y a trop de jeunes qui arrêtent la planche faute d’avoir une offre séduisante / nouveau support. Il est vrai qu’il manque un flotteur pour une utilisation en club pour de jeunes coureurs. Un championnat de France officiel jeunes Raceboard en jauge internationale donnerait aussi un objectif à beaucoup de jeunes coureurs.

 

Quand un père (Frédéric Boujean- 6958) joue le podium des championnats de France en même temps que son fils (voile rouge). Crédit photo: Pierre Jezequel